Université d'été 2009 de la FASE Aubagne 27-29 août 2009 Atelier « Redéfinir le communisme »
29 août Compte rendu de la discussion -
Faut-il continuer à appeler la société que nous voulons communisme, alors que ce terme a été à ce point discrédité ? A cette question, soulevée par un participant, les autres intervenants ont répondu qu'ils estimaient le terme encore utile, à condition de le redéfinir. Ils ont avancé divers arguments. Quasiment plus personne ne se réfère au communisme dans le monde, mais dans un pays comme la France, ce terme renvoie à quelque chose qui a été structurant dans la société française et qui a encore un sens, même si c'est de moins en moins vrai pour les jeunes. Le communisme est utile pour l'analyse des évènements, pour définir un projet global et cohérent qui est d'autant plus nécessaire que la question de l'alternative au capitalisme est vraiment à l'ordre du jour. Si on devait abandonner tout terme, à chaque fois qu'il est dévoyé, on devrait aussi abandonner le mot démocratie, tellement il recouvre souvent des réalités peu démocratiques. Il faut donc se battre sur le sens des mots plutôt que de les abandonner à ceux qui les dévoient. Le plus important c'est le sens, l'objectif émancipateur, la libération humaine, pas l'étiquette. Ainsi, l'ACU (Association des communistes unitaires), tout en se référant au communisme, n'a-telle jamais essayé d'imposer le terme pour définir l'objectif commun à toute la FASE. Le communisme n'a pas tout dit. Beaucoup reste à produire, à faire, en le redéfinissant. Il y a une difficulté à nommer l'alternative à la société capitaliste. Or, ce qu'on ne peut pas nommer n'existe pas. La mise à l'écart du terme communisme, qui constituait une bonne synthèse d'un autre possible, contribue à cette difficulté. Du coup, aujourd’hui, soit on ne nomme pas l'alternative, soit on a besoin de plusieurs phrases pour la nommer. - La question du communisme a été très peu travaillée Avant 1994, le mot communisme n'a jamais été utilisé dans un texte de congrès du PCF. Celui-ci parlait de démocratie avancée, de socialisme, mais pas de communisme. Il pensait le changement en terme d'étapes et le communisme n'était jamais à l'ordre du jour. Perçu comme une perspective trop lointaine, plutôt que comme un processus, personne ne voyait l'utilité d'en parler. Dans les pays où des communistes étaient au pouvoir, ils ne se qualifiaient pas plus de pays communistes, mais de pays socialistes, pour les mêmes raisons. Si on s'était attaché à produire du communisme, bien des questions auraient pu être abordées d'une autre manière : services publics, autogestion, éducation, organisation, etc. Au lieu de cela, la poursuite d'objectifs intermédiaires a conduit à être plus sur des réformes d'inflexion que sur des changements fondamentaux, même si, à une époque, les communistes ont produit du communisme sans forcément s'y référer, comme avec la création de la Sécurité sociale. Mais il s'agissait d'une époque où l'ambition de changer la société était bien vivante. Aujourd’hui, on n'est pas capable de définir en quelques phrases ce que pourrait être le projet communiste, quels pourraient en être les grands axes. Alors qu'à une époque, le communisme était identifié à quelques grandes idées comme la propriété collective des moyens de production et la classe ouvrière au pouvoir. De ce fait, un processus transformateur sans visée claire, donne l'impression de vouloir avancer pas à pas, mais à l'aveuglette. - L'intérêt du débat contradictoire En RDA, des enseignants avaient mis en évidence le rôle positif des élèves dérangeants, ceux qui posaient des questions et qui portaient la contradiction. Mais, tout cela a été mis de côté, étouffé. Le communisme s'est asphyxié dans le manque de débat contradictoire. - Le communisme n'est l'apanage d'aucune organisation D'autres que le PCF se sont réclamé ou se réclament du communisme, comme, par exemple, la LCR ; même si le PCF a été, historiquement, la figure dominante du communisme en France. L'ACU, quant à elle, considère que le communisme n'est pas plus son apanage que celui du PCF ou de quelque organisation que ce soit. A côté des communistes, d'autres courants politiques font partie du mouvement pour la libération humaine, tels les libertaires. - Organisation et communisme Les organisations politiques telles qu'elles sont aujourd’hui posent problème, mais l'apport des courants de pensée politiques est utile. Un intervenant, non membre de l'ACU, prend l'exemple de l'ACU. Il estime que celle-ci apporte beaucoup à la FASE et sans volonté hégémonique. L'existence d'une sensibilité organisée se référant au communisme est utile, ce qui ne signifie pas que les communistes doivent être dans une organisation séparée des autres courants qui luttent pour l'émancipation. D'ailleurs, Marx lui-même s'était déjà interrogé à ce sujet. - Propositions pour continuer le travail de redéfinition du communisme Constituer un atelier plus durable pour travailler la question. Essayer de définir ce que pourrait être une visée, un projet communiste en 7 ou 8 grands axes et en faire une synthèse. Solliciter, pour participer à cet atelier, des communistes d'organisations diverses, des individus qui se réclament du communisme sans être membres d'une organisation communiste et d'autres qui participent du communisme (en tant que mouvement réel qui abolit l'ordre existant) sans se référer au terme. Créer les conditions d'un échange sur la question au niveau international.
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